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N° 165 - Mars 2010 / pays de la loire Le groupe Vedici affiche une belle santé
Dans un entretien exclusif au Nouvel Ouest, le président de Vedici fait le point sur le devenir des cliniques que le groupe de santé possède à Nantes. Il dévoile ses projets d’acquisitions en Bretagne et annonce l’entrée au capital d’un nouveau partenaire financier. Dossier réalisé par Stéphane Rouzeau

Jérôme Nouzarède, qu’est-ce qui guide la stratégie de développement du groupe Vedici ? D’abord les opportunités à rencontrer des situations où des médecins actionnaires désirent passer la main. Sans se désinvestir, ces praticiens nous confient la gestion de leurs établissements sur la base d’une relation de confiance. C’est une transmission de patrimoine. Il y a ensuite une logique géographique, avec un développement autour du réseau du TGV Atlantique. Notre métier a une dimension locale : une clinique a un bassin de recrutement déterminé. Enfin, la croissance se fait par capillarité au fil des contacts noués avec les médecins, les agences régionales de l’hospitalisation et les collectivités locales. Notre principal atout, c’est ce que disent les praticiens qui travaillent avec nous.
Le groupe Vedici gère 23 établissements. Vous avez d’autres projets d’investissements. Comment se décident les acquisitions ? Ce n’est pas tant la taille de l’établissement qui compte que le bassin de population qui permet d’assurer sa pérennité et son développement. Nous recherchons des situations qui font sens dans l’environnement régulé qui est le nôtre. Ce peut être le regroupement d’un hôpital et d’une clinique sur un même site, comme à Villeneuve-sur-Lot. Ou la recomposition des structures existantes pour faire naître des établissements beaucoup plus grands, comme nous l’avons fait au Mans il y a deux ans. Chaque reprise d’établissement est une histoire et correspond à un besoin.
Quelle est l’ambition du groupe Vedici ? Se hisser au rang de n° 1 ? Ce n’est pas un objectif en soi. Nous sommes un opérateur privé de gestion déléguée de service public. Dans ce cadre, notre ambition est de devenir un acteur de référence institutionnel, ce qui implique une vision à long terme, une respectabilité et un professionnalisme reconnus. Cette stratégie est nécessairement fondée sur la croissance pour atteindre une taille critique dans le sens institutionnel du terme.
Vous
opérez dans un secteur mixte hôpital/clinique. Quelle perception en avez-vous : concurrence ou complémentarité ? Cette mixité est une force, voire une vertu, à partir du moment où elle correspond à une volonté politique de l’autorité régulatrice. Ce qui est en marche, c’est la convergence des deux modèles d’établissements autour de valeurs partagées : sens du service public, qualité et sécurité de soins, savoir-faire en terme de gestion, dynamisme managérial, épanouissement des personnels, innovation. Il existe des CHU qui ont une place spécifique notamment en formation/recherche et dans des spécialités où ils rayonnent régionalement, comme la chirurgie cardiaque. Cela n’est pas contestable. Il y a aussi des domaines où la coopération est souhaitable, pour peu qu’elle soit équilibrée, car elle permet de mutualiser les moyens. C’est ce que nous faisons à Nantes avec le CRLC ou avec le CHU en soins de suite. J’espère que cela se développera en cardiologie et en neurochirurgie. Au Mans nous avons mis en place une organisation commune des permanences de soins et cela fonctionne bien. À Poitiers, nous avons développé la médecine pour que l’ensemble des patients puissent avoir réponse à leurs problèmes de santé lorsqu’ils se présentent aux urgences. Nous souhaitons également le faire au Centre Clinical d’Angoulême sur lequel nous venons de regrouper la clinique Sainte-Marie. Maintenant, la coopération exige une contrepartie qui est d’assumer les mêmes missions que le service public. Cela par exemple vaut pour la charte d’honoraires qui doit être définie avec les médecins comme pour la formation des jeunes internes, avec les contraintes que cela implique.
Parlons de vos projets à Nantes, avec le regroupement d’une partie des activités des cliniques de centre-ville sur le site de Saint-Herblain. Quel est le but ? Je commence par vous dire que les cliniques du groupe à Nantes ont chacune leur identité et que nous chercherons à conserver cette diversité. Notre objectif est d’améliorer l’offre tout en répondant aux besoins du
ord et de l’Ouest de l’agglomération. Cette organisation a d’ailleurs été validée par la tutelle. Le maintien de la clinique Bretéché en centre-ville est acté. Quant aux cliniques Jeanne d’Arc et Saint-Augustin, à long terme il était inenvisageable qu’elles restent dans leurs locaux. Leur déménagement est donc une nécessité pour assurer leur pérennité. Concernant la coopération public/privé, nous ne prétendons pas à tout mais nous voulons présenter une offre de soins cohérente, seuls ou avec nos partenaires, dans le cadre de filières de soins. Il faut raisonner en termes de regroupement d’équipes médicales complémentaires.
Que trouvera-t-on sur le futur site de Saint-Herblain ? L’ensemble des médecins et des cliniques du groupe à Nantes est concerné par ce projet. La totalité des activités de la clinique Jeanne d’Arc va être déplacée à Saint-Herblain, avec la création d’un « Institut de la main » incluant un centre de formation. Pour ce qui est de Saint-Augustin, une partie s’installera à Saint-Herblain, l’autre sera regroupée en centre-ville avec la clinique Bretéché. En continuité de la Polyclinique de l’Atlantique, nous aurons là un très important pôle de santé, avec un volume d’activité qui nécessitera un centre d’accueil des urgences. Il faut pouvoir en discuter avec la tutelle. De notre côté, nous sommes prêts à accepter les contraintes liées à un tel dispositif.
Où en êtes-vous des procédures ? Le projet d’offre de soins sur Saint-Herblain et en centre-ville est en train de se finaliser avec les médecins. Il devra être examiné avec les tutelles. Nous souhaitons nous assurer la maîtrise définitive du foncier en 2010. Pour ce qui est de la construction, nous venons de retenir l’architecte, en l’occurrence le cabinet AIA. Nous nous préparons à concevoir les plans du futur bâtiment afin de déposer le permis de construire en fin d’année.
Lire la suite dans le numéro 165 de mars 2010 
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